Notre histoire
Pour beaucoup d'entre nous encore, l'année 1954 reste très présente dans nos esprits parce qu'elle fut marquée entre autres, par des événements tels que la chute de Dien Bien Phu le 7 mai, et quelques mois plus tard le début de l'insurrection algérienne, théâtres de bouleversements.
Mais pour notre microcosme, loin des évènements médiatiques, 1954 marquait une indépendance plus pacifique, celle de notre village vis-à-vis de la commune d'Entrecasteaux.
En effet, c'est en cette année que Saint Antonin prenait son envol à la satisfaction de ses résidents qui, depuis près d'un siècle, manifestaient déjà leur désir de séparation. Car il faut remonter à 1856 pour retrouver quelques traces d'une première tentat ive de nos anciens demandant leur indépendance communale. II y en eut 2 autres en 1914 et 1941 soldées par autant d'échecs. Ce n'est que le 3 juillet 1953 qu'une délibération, adoptée à l'unanimité, confère au hameau de Saint-Antonin le statut de commune. L'arrêté préfectoral sera signé le 6 juillet 1954 par Monsieur le préfet Ottaviani.
Les élus de l'époque étaient Messieurs Elie HERAUD, Jean FUSTIER, Raymond GIRAUD et Marcel BOYER.
Aspiration bien légitime si on considère les moyens de locomotion de l'époque ne facilitant pas les rapports entre le Hameau et son village de tutelle éloigné de 7 kilomètres. Sans évoquer un relief qui aujourd'hui encore limite les échanges entre les deux communes, et aurait même tendance à pousser St-Antonin dans les bras de Lorgues, son actuel bureau postal distributeur.
Mais tout un chacun sait que le combat de prés carrés, en l'occurrence celui de la perte d'une parcelle de pouvoir pour Entrecasteaux, relève généralement d'un long et laborieux processus porté à bout de bras par quelques individus opiniâtres.
Et puis, pour que sa mère, la commune d'Entrecasteaux, considère sa fille suffisamment majeure pour lui confier son destin, il fallait que St-Antonin construise patiemment ses propres commodités et attributs qui font l'âme d'un village.